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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

Le cimetière de Montmartre, c'est une histoire de famille pour Catherine Ringer dont nous ne pouvons nous habituer à la disparition brutale. 

Elle le connaissait bien ce cimetière puisque c'est là dans le "quartier" juif que sont enterrés son père Samuel Ringer et sa mère Jeannine Etlinger.

La tombe familiale est surmontée d'une stèle couverte de noms. Samuel Ringer, de son nom de peintre Sam Ringer y figure au-dessus de son fils Luc.

 

C'est un homme exceptionnel qui a survécu à l'horreur nazie. Juif de Pologne, il fut évidemment arrêté et, étant jeune et robuste, fut envoyé comme terrassier sur le chantier du camp d'Auschwitz. Ensuite, on a du mal à imaginer ce qu'il vécut, transféré d'un camp à un autre dont Buchenwald et Theresienstadt.

Le mort vivant qui fut libéré dut passer des mois dans les hôpitaux pour retrouver des forces. En 1946 il quitta la Pologne pour choisir la France en 1947. Il était peintre et avait commencé des études aux Beaux Arts de cracovie.

 

En France il reprit des études et commença à peindre avec passion, se rattachant à  l'Ecole de Paris.

C'est aux Beaux Arts qu'il rencontra Jeannine Etlinger qui étudiait l'architecture et qui allait devenir sa femme.

                                                          Catherine devant un tableau de son père

Catherine lui consacre une chanson : "C'était un homme" :

 

Oh c’est pour vous dire
Oh se souvenir
Et pour vous raconter
D’où je suis née

Près d’Auschwitz
Mon père grandissait
C’était un juif polonais
Aux Beaux Arts à Cracovie
Il rêve de Paris

Et puis la guerre l’a surpris
Ils l’ont pris à 19 ans
Il fit pendant ces cinq ans
Neufs camps différents

Un homme
C’était un homme
Difforme
Dans sa personne
Dont le for intérieur
Avait encore peur

Mais toujours lui est resté
Le sens de la beauté
On m’a dit quand tout s’écroulait
Comme il dessinait,
Comme il résistait

Miracle, il en est sorti
Il a réussi à tenir
Et à venir à Paris
Peindre et donner la vie

Oh c’est pour vous dire
Se souvenir
Et pour vous raconter

 

 

 

 

Texte pudique et sans sensiblerie inutile qui évoque ce père dont le corps était déformé par les violences subies et qui parvint à survivre par la force de la pensée et de l'imagination, refuge dont la lumière finirait par vaincre l'effroyable nuit nazie.

 

Elle écrit à l'occasion du don qu'elle fit de ses toiles au musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme : "Il a encensé la vie, les couleurs. Il m'a transmis sa force de vie".

 

Sous le nom de Sam celui de son fils Luc est gravé. Un fils qui mourut à 32 ans.

Il n'y avait plus de place sur la stèle de marbre quand sa mère, Jeannine Ringer mourut à 88 ans. Il fallut donc graver son nom sur la pierre.

Elle avait épousé Sam en 1957 et tandis qu'il travaillait dans son atelier, elle dessinait des plans sur sa table d'architecte. 

Sur la stèle sont gravées, comme sur de nombreuses tombes juives les lettres qui sont l'équivalent, en plus fort et plus beau du "Rest In Peace" ; "Que son âme soit liée au faisceau de la vie"

 

En novembre 2007 Catherine Ringer se rend de nouveau au cimetière et cette fois pour accompagner le grand amour de son existence, Fred Chichin.

 

Le monument funéraire n'est pas encore édifié. Sur le sol de nombreux objets sont déposés et notamment une guitare.

 

Une des belles chansons de Catherine évoque son compagnon brutalement emporté, après une hépatite qui semblait guérie, par un cancer foudroyant du foie. Ce mot foudroyant si définitif sera celui qui qualifiera le même cancer du foie qui tuera Catherine 19 ans plus tard.

 

 
MAHLER
C'est ton visage Et puis tes mains Et puis ton torse Sur le mien Doucement Dans mon dos Tu viens Et tu me tiens Tu me calmes
Pas trop de pleurs De larmes Et je te sens serein Quand je sèche Les miens
Ta chère odeur a disparu Bien que mon âme l'ait retenue Bien que mon âme ait ton parfum Et tu me tiens
Si tu n'étais pas mort Je serais avec toi On marcherait dehors Et puis on rentrerait Si tu étais vivant On serait bien ensemble On irait de l'avant C'est beau comme on s'aimerait
Au fond de moi Oui c'est bien toi Encore toi Qui me fait rire là Ton regard est dedans mes yeux Oui c'est ta flamme Et je suis deux
 

 

 Fred avait comme Catherine un père qui aimait peindre. Il fut également passionné de cinéma et créa une revue qui parut pendant quelques années "Miroir du Cinéma" dans laquelle il signait de son nom de plume Jean-Louis Pays. Il mourut deux ans après son fils.

Catherine Ringer, savait depuis que Fred avait été inhumé dans le cimetière Montmartre où l'on est en compagnie de bien des peintres, musiciens, chanteurs qu'on admire et qu'on aime, qu'un jour elle le rejoindrait  pour qu'ils y dorment ensemble jusqu'à la fin  du monde comme dit la chanson.

Déjà l'inscription sur la stèle avait été changée comme une promesse de retrouvailles 

 

 

Le 19 septembre, cinq jours après sa mort, Catherine est accompagnée par de nombreux artistes. La foule des anonymes aurait été immense si l'accès du cimetière leur avait été autorisée car elle était aimée pour son talent unique autant que pour sa qualité humaine, sa simplicité malgré d'apparentes extravagances, sa générosité.  

Un peu plus tard, quand tout sera terminé bien des admirateurs et amis viendront lui parler en silence et parfois déposer un message, un caillou, une broche 

 

 

 

Quelques dessins seront posés au milieu des fleurs.

 

 

Sur la stèle ses collants rayés  ont été négligemment jetés comme on les jette sur un dossier de chaise avant de se coucher.

 

Et puis il y a un détail qui n'en est pas un que je n'avais pas tout de suite remarqué. La fameuse guitare de Fred qui était restée là depuis presque 20 ans, avec son poème : "Quelques vents lunaires t'ont emporté gratter sur une étoile", était toujours là mais elle avait changé, elle s'était métamorphosée. Elle avait repris vie.

                                                     Raoul Chichin le jour de l'enterrement

Elle était bien là, sans son poème d'adieu.

Mais avec la couleur de la passion, la couleur de la vie, du sang qui irrigue les chansons et qui bat le rythme, qui bat quand deux êtres s'aiment, qui bat jusqu'à la fin de leur éternité.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Clowns. Bottom. 1908

Clowns. Bottom. 1908

Je suis ressorti de ma visite à l'exposition du musée de Montmartre "Le Cirque, fabrique de l'Art Moderne", avec le désir d'y revenir aussi vite que possible.

                             Expo du 16 octobre 26 au 14 février 27                   

Elle donne au Montmartrois que je suis le regret de n'avoir pas vécu cette période où le cirque enchantait Paris qui n'en comptait pas moins de 25 et était considérée comme la capitale des arts circassiens.

 

Maquette de Médrano.

Maquette de Médrano.

    La deuxième salle est consacrée à un peintre rare, un passionné de cirque, un habitué de Fernando puis Médrano, capable d'immortaliser ces créatures de paillettes, d'éclats de rires et de larmes que sont les clowns. Médrano était d'ailleurs nommé "cirque des clowns".

Sur la piste du cirque Médrano (Faverot. 1915)

Sur la piste du cirque Médrano (Faverot. 1915)

Faverot, de ses vrais prénoms Baptiste Benjamin Joseph, naquit à Montmartre en 1862 d'une mère brodeuse et d'un père tailleur. Peut-être son enfance dans un petit appartement-atelier où son père taillait des costumes et sa mère brodait de paillettes et de fils d'or les robes des artistes, l'a t-elle rendu sensible aux tenues extravagantes et diaprées des clowns...

 

Il ne quitta jamais longtemps le quartier, sinon pour un séjour à Auvers où il rencontra sa femme. Il vécut boulevard de Rochechouart puis rue Duperré, près du boulevard de Clichy, à quelques encablures du cirque qui était sa deuxième maison.

 

Il fut très tôt attiré par la peinture et fréquenta les Beaux Arts où il fut élève de Gérôme, un des plus célèbres peintres du Second Empire. Sans doute fut il marqué par la rigueur et le goût de la tradition de ce maître qui le dissuada de se laisser contaminer par l'impressionnisme qu'il détestait.

Il avait cependant le goût des couleurs et des lumières, surtout orientales. Il représenta également des cirques bien différents de ceux qui passionneront Joseph Faverot .

                                                    

Nous ne présenterons pas ce peintre dans la diversité de ses créations mais dans sa passion pour les clowns qui fait l'essentiel de sa renommée. Ses toiles présentées à l'exposition immortalisent quelques uns des plus grands artistes de la fin du XIXème et du début du XXème en même temps qu'elles transmettent l'image d'autres clowns moins célèbres et qui sans lui seraient peut être oubliés.  

La plus grande toile de l'exposition et l'une des plus belles représente un numéro de clowns avec Bottom dont le nom rappelle le personnage de Shakespeare transformé en âne par Puck (Le Songe d'une Nuit d'été). Ce Bottom me touche particulièrement car c'est dans le cirque Médrano, quelques mois avant sa destruction scandaleuse qu'Ariane Mnouchkine présenta une de ses plus belles mises en scène. Ce fut justement celle de cette pièce de Shakespeare jouée sur un sol couvert de peaux de moutons.

                                         Boum Boum et Batiss (Faverot 1900)

Le plus ancien des clowns n'est autre que Geronimo Medrano qui fut la vedette du cirque Fernando sous le nom de Boum Boum et qui lorsque Fernando se retira prit la relève et donna son nom au "nouveau" cirque. On imagine mal sa popularité et son image quasi religieuse car on racontait qu'un enfant malade, un de ses grands admirateurs, avait demandé, sur son lit d'hôpital où il était dans un état désespéré de le revoir. Boum Boum lui rendit visite, l'enfant guérit.

 

 

C'est lui qui fait appel aux Fratellini alors que son succès commence à se tarir. PLus tard, son fils Jérôme, né en 1907 prendra la relève.

                                                             Boum Boum (Fernand Pelez. 1886)

Il y a dans l'exposition un portrait de lui attribué à Pelez, (auteur d'une toile immense, une des plus belles consacrées aux artistes circassiens, au Petit Palais).

                                                      Boum Boum (Joseph Bouet. 1890)

"Le cirque des clowns" privilégiait les numéros toujours inventifs de ces artistes. 

                                      Clown du cirque Fernando dans l'entrée du papillon (1890)

                                                                Clown aux fleurs de lilas (1900)

                                                     M. Auguste au cirque Fernando (1900)

                                                             Clown dresseur de chiens (1900)

                                                       Clown aux gants musicaux (1900)

                                     Antonio et Averino dans l'entrée de l'automobile

     Averino est déjà célèbre quand il est engagé en 1902.

Avec son partenaire Antonio il présente de nombreux sketches, des "entrées" qui connaissent un grand succès (l'entrée est le nom donné aux sketches des clowns entre les numéros de cirque).  

 "L'entrée de l'automobile" eut un grand succès avec sa brouette transformée en bolide!

                                  L'auguste Bario et le clown Ilès à la guitare (Medrano 1913)

     Bario lui aussi eut une grande renommée. De son vrai nom Manrico Meschi, il créa un personnage qui sera maintes fois copié d'Auguste ivrogne. On le voit ici avec Ilès, son partenaire qu'il rejoindra en Suède pendant la guerre. Il travaillera également avec Cerrato pour former un trio.

                                                Dario et Cerrato

Sur cette toile, à mon avis l'une des plus belles de l'exposition, on peut voir le frère de Bario, Dario avec Cerrato. C'est Dario qui entraîna son frère dans l'art des clowns et qui réalisa plusieurs entrées avec lui.

                                                                  Le clown et l'âne (1900)

                                                           Entrée clownesque à Medrano (1900)

                                             Sydney et Mazzoli dans l'entrée du bilboquet (1900)

 

 

Grâce à Faverot, nous pouvons avoir une idée de ce qu'étaient les spectacles qu'offraient les clowns dans les 25 cirques parisiens qui existaient à l'époque. Il n'en reste qu'un aujourd'hui. Le cirque d'hiver, bien nommé après le printemps et l'été somptueux de l'art du cirque dans un Paris qui en était la capitale.

 

Pour nous les Montmartrois, une photo triste à pleurer nous montre la destruction de Médrano, avec en premier plan Annie Fratellini qui refusant de pleurer, essaie de sourire, le regard levé vers le toit déjà saccagé. 

Joseph Faverot meurt en février 1918. Il n'y avait pas de clowns dans l'église St Pierre pour l'office funéraire, ni au cimetière de Montmartre où il fut inhumé. 

Liens 

Montmartre les artistes, les peintres

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Boum Boum et Batiss (Joseph Faverot. 1900)

Boum Boum et Batiss (Joseph Faverot. 1900)

Pour accompagner la très belle exposition du musée de Montmartre sur le cirque, je publie de nouveau cet article sur le clown Boum Boum représenté sur plusieurs toiles par Joseph Faverot, le grand peintre des clowns de Médrano.

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.
Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

     Une élégante chapelle de pierres s'élève au bord d'une des avenues "chic" du cimetière Montmartre (avenue Berlioz, division 2). Elle porte, gravé sur sa façade, un nom célèbre qui a longtemps brillé sur le fronton d'un des plus beaux cirques de France... le cirque Médrano sur le boulevard Rochechouart.

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

    Un surnom de la famille est mis à l'honneur, un surnom qui résonne aussitôt dans le silence des tombes : Boum Boum!

 

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

     Boum Boum!

    De son véritable nom Geronimo Médrano. Il était clown de son métier et quand il entrait sur la piste, il se tournait vers l'orchestre et en claquant des mains, il disait "boum boum". Aussitôt les tambours battaient et la musique de déchaînait.

    Les spectateurs le surnommèrent très vite avec cette onomatopée et il entra dans la grande histoire du cirque avec ce nom déclencheur d'orages!

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

     Il est né loin de Montmartre, en Espagne, en 1848.  Il est très tôt attiré par le cirque et plus particulièrement par le trapèze volant. C'est en voltigeant dans les airs, sous le chapiteau de toile qu'il commence sa vie de saltimbanque.

                                      Les trapézistes. (Toulouse Lautrec)

     Attiré par Paris, la ville de tous les possibles et de toutes les lumières, il est embauché par Fernando (de son vrai nom Ferdinand Wartenberg) qui, le succès aidant, s'installe sur un terrain vague, boulevard de Rochechouart en 1873.

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

     Le cirque est alors à la mode et la fréquentation est telle que Fernando peut faire construire en 1875 un bâtiment en dur, un cirque remarquable de deux mille deux cents places, dû à l'architecte Gustave Gridaine.

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

     Un bâtiment exceptionnel, un des plus beaux cirques jamais construits. Il ne survivra pas aux années pompidoliennes et sera détruit, comme les Halles de Baltard, comme le Palais Rose de l'avenue Foch, comme les quais de Seine! Tristes années où Paris voit disparaître, sous la présidence d'un fin lettré qui à l'époque faisait office de maire de Paris, quelques uns de ses trésors architecturaux!

... A sa place, un indigent immeuble, agressif et sinistre s'élève, défigurant ce quartier de music halls !

 

     Dans l'écrin disparu, Boum Boum fut pendant quinze ans la vedette aimée du public. Il séduisait par son justaucorps à fleurs, sa coiffure de chanvre hérissée de cornettes.

    Il était drôle et poète à la fois, s'entourant d'animaux familiers qui lui obéissaient avec confiance. Il plaisait beaucoup aux enfants qui n'avaient aucune peur devant ce bonhomme original et léger dont Mac Do n'aurait pu s'inspirer pour créer son hideux épouvantail.

 

    On imagine mal sa popularité. Elle atteignit une apothéose après une anecdote qui fut considérée quasiment comme un miracle.

   Un enfant gravement malade avait émis le vœu de revoir le célèbre Boum Boum qui l'avait fait rire deux ans avant qu'il eût été quasi paralysé. Boum Boum se rendit au chevet du gamin, régulièrement.... et un jour, après une de ses visites, l'enfant commença à aller mieux. Il guérit et sortit de l'hôpital.

     Il n'en fallait pas plus pour que le public mît une auréole sur la tête du clown généreux!

 

     Le cirque "Fernando" est à la mode et attire toutes les classes sociales. Les peintres montmartrois font partie de ses adeptes. Le cirque leur offre le sujet de leurs toiles et de leurs dessins. Les plus grands artistes y ont peint : Van Dongen, Renoir, Seurat, Toulouse Lautrec, Degas, Picasso.......

 

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

     Quand Fernando se retire, c'est Geronimo qui prend la direction du cirque. Le succès sera constant et Boum Boum devenu gestionnaire fait appel à des talents nouveaux, notamment aux Fratellini. Les clowns ont changé, le goût du public a évolué. Le gentil Boum Boum, un peu rêveur, un peu naïf, n'est plus à la mode.

 

     En 1905, il perd le grand amour de sa vie, sa femme Charlotte Blanche. C'est pour elle qu'il fait édifier la chapelle du cimetière Montmartre.

 

Tombe de Géronimo Médrano. Le clown Boum Boum. Cimetière Montmartre. division 2, avenue Berlioz.

    Plus tard, il se remarie et devient père. Son fils Jérôme né en 1907 prendra un jour la relève. 

 

     En 1912, Boum Boum qui avait commencé sa vie de saltimbanque en voltigeant dans les airs, est frappé de paralysie. Il meurt le 27 avril... à 64 ans.

 

     S'il revenait sur le boulevard de Rochechouart, il aimerait dire "boum boum" et faire disparaître le blockhaus qui a écrasé le cirque où Degas peignit Mademoiselle Lala qui s'envolait vers les étoiles!

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Saisons. Divers, #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Défilé des vendanges. Montmartre. 10 octobre 2026.

Par chance le soleil a été fidèle à la Butte et malgré un temps un peu frisquet, il a accompagné le traditionnel défilé des vendanges qui part des vignes de la rue des Saules pour rejoindre la mairie en passant par la rue de l'Abreuvoir, la rue Girardon, l'avenue Junot, la rue Caulaincourt et la rue du Mont Cenis. Un parcours joyeux dans une partie de Montmartre qui ne craint pas la crise! 

Comme d'habitude les poulbots ouvrent la marche. Ils sont toujours les vedettes et cette année ils sont passés avec émotion avenue Junot, devant la maison juste restaurée de leur "père" Francisque Poulbot

 

Viennent ensuite, cape noire et écharpe rouge les clones d'Aristide Bruant, attachés aux traditions de la Butte, à la préservation de tout ce qui peut encore y être sauvegardé et protégé de la folie touristique et mercantile.

Malgré la présence bon enfant du garde champêtre, il n'est pas sûr qu'ils puissent remplir complètement une mission quasi impossible.

 

J'ai été frappé cette année par la quasi disparition des sociétés pinardières. Leurs délégations étaient peu nombreuses et les spectateurs qui espéraient un petit verre offert généreusement seront rentrés le gosier à sec!

Mais ils auront pu se consoler en regardant quelques représentant de la Belle Epoque boire à leur santé!

 

En revanche les groupes représentant les habitants de l'arrondissement venant de pays différents étaient plus nombreux. L'Espagne, la Grèce, le Japon, la Géorgie...

 

l'Ukraine était là avec son drapeau jumelé avec celui de l'Europe.

Cette année, elle ne dansait pas, elle ne chantait pas. Elle vit trop de souffrances, de deuils et d'abandon pour avoir vraiment le coeur à la fête.

Une nouvelle fois étaient au rendez vous des associations qui aiment les rencontres et la fête et qui savent être créatives sans prendre la grosse tête.

 

 

On reconnaissait Zézette sans qui Montmartre ne serait plus tout à fait Montmartre, la joyeuse bande des "Chapeaux fous", "Les Déjantés".... et quelques originaux indépendants... 

Ils ont contribué à la réussite de la fête grâce à leur humour et à leurs chants.

Le cabaret nous faisait un clin d'oeil à sa manière, fidèle au défilé et à la mémoire de notre Michou impossible à oublier. 

 

Peut être moins d'associations sportives cette année... Mais plusieurs groupes de joueurs de tambour qui ont fait osciller la Butte sur ses fondements et ont sans doute provoqué l'effondrement de quelques carrières!

 

Ils avaient une énergie folle, un moral à faire oublier la dette, un talent qui irradiait dans les groupes et les unissait dans un élan vital.

Enfin pour finir en beauté le défilé qui a reçu un accueil enthousiaste, les reines de Montmartre (Miss 2026 des années précedentes) descendaient avec ou sans leur cavalier vers la mairie qui célèbre demain une cérémonie des "non demandes" en mariage (sans se rendre compte qu'aujourd'hui c'est parfaitement ringard!) 

 

Après le défilé, le ciel s'est couvert de nuages mais les Montmartrois et les touristes ont eu l'occasion de prendre un bon bain de couleurs, de rythme, d'humour... de quoi rentrer chez soi avec un chapeau fou sur la tête!

Lien pour les albumes des défilés des vendanges année après année

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles
Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Dans le vaste hall d'entrée du musée de la rue Ronsard, des ustensiles de cuisine sont pendus aux murs.

 

Peut-être sommes nous dans la cuisine de la reine de coeur d'Alice, mais sans aucun risque de nous faire couper la tête!

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles
Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Approchons nous pour entendre chanter ou murmurer les casseroles, les couvercles, les plats de métal.

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles
Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Tous ces ustensiles du quotidien n'ont plus aucune envie de retenir l'eau bouillante ou de garder au chaud les purées et les ragoûts. Ils ont pris leur indépendance. Ils sont libres et le disent.

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles
Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Ils ne cachent pas leur état d'âme, d'objets inanimés enfin considérés. 

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Ils sont tombés par le plus heureux des hasards entre les mains d'un poète

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Un poète musicien et sculpteur dont les mains caressent les objets, les auscultent, entend battre en eux une vie que les autres n'entendent pas.

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles
Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Il respecte leur apparence, ne les détourne pas de leur essence, non, mais il laisse monter à la surface du métal, leur visage.

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Un visage qui exprime un sentiment comme un regard où vous rencontrerez la tristesse ou la joie, l'humour ou la lassitude.

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Le poète qui réveille l'âme des objets, vit au Mozambique. Il s'appelle Zeferino Chilaule. Il a un prénom de vent et de douceur. Il donne vie au métal comme s'il était sous ses mains, léger et fluide.

Octobre 2026. Halle Saint Pierre. Zefrino Chilaule. La vie secrète des casseroles

Vous pouvez recontrer ses objets vivants jusqu'au 1er novembre  à la Halle Saint Pierre. Vous verrez qu'une fois dans la rue vous ne manquerez pas de voir onduler les réverbères et sourire les plaques de fonte sur les pavés!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON, #OLERON PLAGES

Dernier mois de villégiature loin de Montmartre. Bonheur teinté de nostalgie. Les étés de nos vies sont comptés désormais.

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

1er septembre. Les chevaux ont le droit de revenir sur les plages. Septembre, le mois idéal pour vivre à Oléron.

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

2 septembre. Des surfeuses se reposent loin de l'école qui vient de rouvrir ses portes!

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

3 septembre. Envole moi dans le bleu!

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

4 septembre. Fillette papillon

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

5 septembre. Le goéland en rase motte!

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

5 SEPTEMBRE. Une sirène devant l'épave du "Presidente Vieira" (St Trojan)

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

6 septembre. La vague verte

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

6 septembre Père à l'enfant

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

7 septembre. Le bain du York

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

8 septembre. Être un instant une des demoiselles de Rochefort!

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

9 septembre. La joie des chiens libres sur la plage libre

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

10 septembre. Mieux dans le sable que dans une classe?

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

10 septembre. Inépuisable jeux entre enfants!

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

11 septembre. Balance moi!

 

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

12 SEPTEMBRE. Course de collégiens vers la mer

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

13 septembre. Mère et enfant au sommet de la vague

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

14 septembre. Vent, soleil, espace, quelque chose du bonheur intemporel

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.
PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.
PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.
PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

15 septembre. Les goélands. "Âmes des matelots".

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

16 septembre. Arrête ton char!

PHOTOS SEPTEMBRE 2026. OLERON. Jour après jour. Album.

17 septembre. L'heure du bain

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18 septembre. 6 pattes et un coeur!

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19 septembre. Pas de deux avec une balle de ping pong.

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20 septembre. Petit vent de travers, idéal pour les débutants

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21 SEPTEMBRE. Papillons

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22 septembre. Méditation.

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23 septembre. Arrêt tendresse

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24 septembre. Trois enfants!

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25 septembre. Cours de surf. L'école idéale.

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26 septembre. Main dans la patte pour résister aux vagues.

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27 septembre. Miroir

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28 septembre. Goélands sur la plage déserte.

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30 septembre. Famille. Dernière image du mois. Retour à Paris avec une certaine mélancolie et aussi une reconnaissance lumineuse pour ces trois mois de liberté et de bonheur!

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Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Depuis des années je rends visite ax chats du refuge du Château d'Oléron. Je n'oublie jamais que deux des plus douces et des plus affectueuses chattes de ma vie y ont été recueillies, Bella et Plume

 

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Evidemment le refuge n'a plus une place libre, évidemment les bénévoles y donnent sans compter leur temps et leur tendresse.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

La canicule a sévi comme partout ailleurs sur le bastion où ont été installés des ventilateurs et où les chats se réfugiaient à l'ombre, sous les tables... victimes d'un dérèglement dont, contrairement à nous, ils ne sont en rien responsables.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

J'ai reconnu quelques chats que j'ai pris l'habitude de voir. Certains vistimes d'accidents ou atteint par de graves maladies sont toujours là grâce à la vigilance et au dévouement de Cosette, la créatrice du refuge. D'autres ne sont plus là parce qu'ils ont eu la chance d'être adoptés ou, plus souvent parce que leur vie de chat était arrivée à son terme.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

J'ai rencontré Cosette que j'ai interrogée sur la vie du refuge pendant les mois où je suis loin d'Oléron. Les chats sauvés de la rue n'ont pas manqué et cette année les plus jeunes ont été nombreux.

Ainsi cette chatte et ses cinq petits qui avait tenté d'installer sa famille entre les blocs de ciment qui protègent la plage du Château. 4 des petits ont déjà été adoptés.

 

D'autres petits encore sur la demande de 30 Millions d'amis qui aident le refuge et se sont trouvés devant la nécessité de sauver des portées entières plus nombreuses que jamais. Beaucoup de gens ne jugent pas nécessaire de stériliser leurs chats et ils contribuent à alimenter la grande machine du malheur et de la vie de misère et de mort qui écrase chaque année les petites créatures livrées aux dangers et à l'indifférence.

 On voit ici comment un jeune chat utilise Cosette comme un arbre à chats dans la nursery du refuge!

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Une autre chatte a été recueillie après avoir été prise au collet. En effet de nombreux chats meurent chaque année dans les pièges posés par des chasseurs sans scrupules ou des braconniers. Elle a été emmenée d'urgence chez un vétérinaire. Elle est sauvée et n'aura plus à se défier de la cruauté de certains humains.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Depuis que j'ai commencé à connaître le refuge, bien des années ont passé. J'ai adopté des chattes qui sont mortes aujourd'hui; j'ai connu certaines bénévoles qui elles aussi sont parties. Les bénévoles d'aujourd'hui sont de belles personnes qui agissent simplement, avec leur coeur, sans mots inutiles. Elles font ce qu'elles jugent juste.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Mais les chats qu'il faut aider et aimer demandent toujours autant de temps et de dévouement alors que les bonnes volontés, je devrais dire les belles volontés sont moins nombreuses, et de loin, que les abandons et les détresses.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Alors si certains des lecteurs de cet article, vivant  du côté de l'île d'Oléron, avaient un peu de temps à donner à ces petits êtres qui ne vivent que grâce à la générosité et au dévouement de quelques uns, ils seraient bienvenus.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

Je voudrais être plus jeune pour consacrer plus de temps que je ne l'ai fait dans ma vie active aux animaux. Je supplie mon karma de me réincarner pour me permettre d'être comme Cosette et quelques autres un bâtisseur de refuge.

Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026
Refuge Les Pachats du Bastion, été 2026

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière.
15 ans après la mort de Fred, je retrouve cet article que j'avais publié alors. Aujourd'hui il est d'actualité puisque celle qu'il aimait et qui l'aima jusqu'au bout de sa vie l'a rejoint quelque part, dans les étoiles ou ailleurs.
 
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                         Tombe de Fred Chichin. Cimetière Montmartre, 12ème division. Avenue Travot.
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      Avant que ne soit posée la pierre lourde et blonde et la stèle gravée, la tombe de fred Chichin n'était couverte que de ce léger ciment. Léger... facile à briser, facile à franchir...
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Des amis avaient posé quelques fleurs, quelques bougies, quelques mots d'au revoir et une guitare :
"Quelques vents lunaires t'ont emporté gratter sur une étoile".

Alors nul doute qu'il y est allé, Fred, sur son étoile. Nul doute qu'il y gratte et qu'il se penche pour éclairer de son sourire le chemin de Catherine et Thomas, Simone et Raoul...

 

2011_0507ChichinVignyClouzot0013.JPG
Alors quand le lourd monument de pierre a été posé plus tard sur la tombe, il n'a pas pesé sur lui, parce qu'il n'y était plus!
Et parce qu'il est musicien Fred Chichin...
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...Et la musique ne s'enterre pas!  Pas plus que l'amour! 
chichin3.jpg
 
Mahler
 
 "C'est ton visage et puis tes mains
Et puis ton torse sur le mien
Doucement dans mon dos tu viens
Et tu me tiens
 
Oh tu me calmes
Par trop de pleurs de larmes
Et je te sens serein
Quand je sèche
Les miens
 
Ta chère odeur a disparu
Bien que mon âme ait retenu
Bien que mon âme ait ton parfum
Et tu me tiens
 
Si tu n'étais pas mort
Je serais avec toi
On marcherait dehors
Et puis
On rentrerait
 
Si tu étais vivant
On serait bien ensemble
On irait de l'avant
C'est beau comme on s'aimerait
 
Au fond de moi oui c'est bien toi
Encore toi
Qui me fait rire là
Ton regard est dedans mes yeux
Oui c'est ta flamme
Et je suis deux
Deux..."
 
Paroles de "Mahler" de Catherine Ringer.
 
Liens : Cimetière Montmartre.
 

Visite à Fred, le 5 février 2015. La guitare peu à peu se dégrade... Une étoile d'ardoise porte le nom des Rita Mitsouko....

Et, un petit écran s'allume et s'éteint sur la pierre tombale. Il porte le nom de Frédéric et il bat comme un coeur vivant.

Fred Chichin. Tombe. Cimetière Montmartre.
Fred Chichin. Tombe. Cimetière Montmartre.
Fred Chichin. Tombe. Cimetière Montmartre.
Fred Chichin. Tombe. Cimetière Montmartre.
Le nom de Frédéric comme un coeur qui bat....
Le nom de Frédéric comme un coeur qui bat....
Le nom de Frédéric comme un coeur qui bat....

Le nom de Frédéric comme un coeur qui bat....

Un petit signe de Fred....

Nicole, ma femme est assise dans le métro ligne 4. Elle lève les yeux sur sa voisine au moment où elle se lève. C'est Catherine Ringer!

Nicole veut lui dire quelques mots mais elle est si émue qu'elle prononce : "Je vous aime"

Catherine est déjà descendue, station Châtelet. Elle se retourne et au moment où les portes se referment, elle envoie à Nicole un baiser qu'elle souffle sur sa main.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

 

      Voilà une figure inoubliable de Montmartre ...

Un homme qui a marqué la Butte de sa gouaille et de sa fantaisie. Un épouvantail, un ivrogne, un dépravé, un magouilleur...

Clochard sublime, roi de la bohême, mythomane kleptomane, affabulateur narquois... Que n'a-t-on dit de lui ! 

    De son vrai nom, André Joseph Salis de Saglia, Bibi La Purée était un trouble personnage, fascinant et repoussant à la fois...

Il était mendiant, pique-assiettes, cireur de chaussures, entremetteur et selon certaines langues vipérines (ou non), indic !

 

    Ce qui est certain c'est qu'il errait dans Montmartre, entre deux vins ou deux absinthes, vêtu de hardes malodorantes. Il assurait aux passants qu'il était en mesure de leur fournir tout ce dont ils avaient besoin. Ainsi était-il souvent chargé d'objets hétéroclites, selon les demandes qu'il avait reçues.

Il s'était spécialisé dans les vols de parapluie et le cirage des pompes.

                                          Bibi cireur de chaussures (Jacques Villon)

    Ce Bibi (1847- 1903) fut aussi compagnon de Verlaine qu'il rejoignait au Quartier latin. Il prétendait être son secrétaire et avoir été son amant. On ne prête qu'aux riches !

                    Verlaine, Bibi et Mallarmé au Procope. (1890, Serafino Macchiati)

    C'est en partie grâce à cette relation avec le poète que l'on parle encore de lui aujourd'hui.

C'est aussi parce qu'il a attiré l'attention de peintres et de poètes qui fréquentaient la Butte et le choisirent pour modèle...

                                                           Bibi la Purée. Picasso.

 

                                                    Bibi la Purée assis. Picasso.

                                                           Bibi (Jacques Villon)

                                                         Bibi la purée (Bottini)

 

                                           Bibi à la pittoresque allure a été peint par Picasso, jacques Villon, Bottini et croqué par Steinlen qui avait l'habitude des matous efflanqués...

Il aurait pu l'être par Renoir dont il fréquentait la cuisine, rue Girardon, où Adèle le laissait vider un bocal de cornichons et un litre de rouge, en écoutant d'une oreille distraite les poèmes qu'il débitait pour payer son écot !

                     Il a même été immortalisé dans le bronze par Bailleul!

...Et il apparaît ici ou là dans des poèmes ou des romans.

Jehan Rictus lui consacre une complainte :

                                             Bibi-Rictus-Steinlen.jpg

                                   Dessin de Steinlen pour "Les Soliloques du Pauvre" de Rictus.

 

Complainte pour complaire à Bibi-La-Purée

 

"Stupeur du badaud, gaîté du trottin,

Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,

La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres

Et la requinquette au revers fleuri

D'horribles bouquets pris à la poubelle,

 

Ainsi se balade à travers Paris,

Du brillant Montmartre au Quartier latin

Bibi-La-Purée, le pouilleux célèbre,

Prince des crasseux et des Purotins.

 

(...) Va comédien, noble compagnon,

Cabot de misère, ami de Verlaine,

Errant de Paris, spectre d'un autre âge

Que ne renieraient Gringoire ou Villon."

                                                         Dessin de Sophie Pimberton

    Paul Fort le cite dans son poème "L'Enterrement de Verlaine", comme compagnon fidèle et garde du corps du poète !

Poème que Brassens enregistrera un demi siècle plus tard ! 

 

                                                       L'enterrement de Verlaine.

(...) N'importe ! Je suivrai toujours, l'âme enivrée

Ah ! Folle d'une espérance désespérée

Montesquiou-Fezensac et Bibi-la-Purée

Vos deux gardes du corps - entre tous moi dernier."

                                                      Bibi par Géo Dupuis

 

                               Raoul Ponchon lui consacre un poème sans concession :

 

(...) "Qui étais-tu? D'où venais-tu?

Espèce de Bibi têtu,

Entre le vice et la vertu.

 

Paresseux jusqu'au délire

Et maigre au point qu'on pouvait lire

Toutes les cordes de ta lyre !

 

Que le Seigneur et Notre-Dame

Prennent pitié de ta pauvre âme

Ta pauvre loque et chiffe d'âme !"

 

Voilà qui n'est pas très flatteur, mais que savait Ponchon de l'âme de Bibi?

 Ce Bibi qui lui-même se prétendait poète. Ce qui à en juger par ses vers n'est pas évident... 

                                                                 Portrait d'homme (Bibi la purée) Picasso.

 

La Lettre à deux sous

 

"Depuis Monsieur Grévy, l'on corne à nos oreilles

Des journaux, chaque matin

Qu'on nous mijote un beau destin

Tout de velours, d'or, de satin :

Des impôts pour la frime et des lois sans pareilles,

Du pain garni de beurre, au-dessus, en-dessous,

Rien que des folles nuits, après des jours bien calmes,

Des rubans et des croix, des poireaux et des palmes

Et surtout la lettre à deux sous !!!"     (...) 

                                             Portrait de Bibi (Sophie Pimberton)

       Après la mort de Verlaine, en 1896, Bibi se transforme en revendeur officiel d'objets, de lettres, ayant appartenu au poète. Il en fait un commerce lucratif, comme le fut le celui des reliques de la vraie croix au Moyen-Âge!

Ainsi, parvint-il à fourguer plusieurs dizaines de cannes ayant appartenu à Verlaine

                                  

                                            bibi_la_puree-Biscot.jpg

         Bibi meurt quelques années plus tard à l'hôpital de la Pitié. Pendant quelques années son souvenir reste vivace à Montmartre et au Quartier latin. Un char à son effigie est promené par les étudiants lors d'un carnaval et plus tard, en 1934, le film de Léo Joannon portera son nom!

     Personnage étrange qui semble faire un pied de nez à la mort avec son sourire matois et sa dégaine de j'menfoutiste, il n'a pas disparu de la Butte...

Vous le rencontrerez peut-être, rue Lepic ou rue Norvins, et comme il pleut souvent sur la Butte, vous aurez l'occasion de lui acheter un parapluie!

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                                                           bibi la purée (Pablo Tillac)

 

 

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